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A la recherche d’un Coach

Publié le 31/05/2010 (274 hits)

Karim HILEM 
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Le soleil arbore un sourire estival tandis qu’elle affiche une mine détendue.
Marchant dans les rues de Paris, un sandwich à la main, Hortense semble flâner. Sa robe noir et blanche, légère, offre aux passants un décolleté affriolant et des épaules délicieusement brunies par les caresses des rayons d’or. Sa chevelure soyeuse et ambrée offerte au vent, scintille de mille éclats. On la prendrait volontiers pour une touriste. Pourtant, comme à son accoutumée, en cette saison, elle profite de sa pause déjeuner pour se promener dans la capitale. Tantôt ce sont les vitrines des magasins qui recueillent ses faveurs, tantôt se sont les parcs et jardins publiques. Ce temps hors du bureau est toujours propice à des instants d’évasion. Il n’est pas rare qu’elle s’attarde dans une boutique pour scruter dans le détail un objet. Non pour ce qu’il est mais davantage pour ce qu’il symbolise. Il en va ainsi d’une œuvre artistique, d’un article de décoration aussi bien que d’un simple vêtement. Elle en imagine alors l’histoire. Elle remonte le temps et essaie de deviner, de comprendre le processus créatif qui lui a donné le jour. Lorsqu’elle s’attarde dans les espaces publiques, elle contemple et observe les gens, tout autant que la faune et la flore. Elle s’amuse à se glisser dans la vie des autres.

Selon ses humeurs, ses états d’âme, il lui arrive de plonger son regard dans un chêne majestueux et de tenter d’en percer les secrets jalousement gardés au fil des décennies de règne sur ces espaces verts. Tout comme il lui arrive de sonder le ressenti et le vécu des pigeons qui viennent brader leur dignité pour quelques miettes aux pieds des badauds.

Mais en cet instant, elle s’accorde un tête-à-tête complice et savoureux avec son sandwich tomates mozzarella à l’huile d’olive, sur un bout de quai de Seine ombragé. Assise sur l’herbe, elle s’adosse à un petit muret de pierre. La fraicheur de la roche remonte lentement le long de son dos et s’immisce à travers son épiderme dans tout son corps. Un frisson la parcours de part en part quand la sonnerie de son téléphone portable la sort de sa quiétude.
- « Allo ! Hortense !
- Oui, j’écoute.
- C’est moi Katy, je ne te dérange pas ?
- Oh salut ma grande ! Non pas du tout. Je m’offre une petite pause sur les bords de Seine.
- Ben y’en a qu’ont de la chance !
- On fait ce que l’on peut ma chérie !
- Bon je t’appelle pour te dire que je t’ai trouvé quelqu’un. Note ses coordonnées… Je ne le connais pas en personne mais une amie me l’a vivement conseillé. Il paraît qu’il est formidable. Mais bon tu sais avec les hommes il ne faut pas trop en attendre, sinon tu as vite fait d’y laisser des plumes. Mais qu’est-ce que je te raconte là ! Ce n’est pas un mari que tu cherches, que suis-je bête !
- Je te reconnais bien là toi ! Dès qu’il s’agit de mâle tu t’embarques et on ne peut plus te retenir ! Tu fais bien de le rappeler, en effet je ne cherche pas de mari. Non merci, j’ai déjà donné. Mais toi tu cherches toujours le prince charmant ?
- Plus que jamais ma belle, je te signale que j’approche la quarantaine ! Ma côte baisse de jour en jour. Bientôt je ne vaudrai plus rien sur le marché ! T’as vu ce qu’il y dans les rues de nos jours ?
- Oui je sais ! Mais ce n’est pas parce que tu approches la date limite de consommation qu’il faut t’offrir au premier con qui passe.
- Très drôle ! C’est d’une finesse !
- Ecoute, c’est toi qui as commencé !
- Bon trêve de plaisanterie, tu l’appelles quand tu veux, ok ?
- Oh mais c’est que madame devient sérieuse d’un coup !
- C’est parce que je dois te laisser.
- D’accord ma belle, je l’appelle sans faute. Merci mille fois, bises».

Sitôt sa conversation terminée, Hortense poursuit son déjeuner frugal. Elle pense au moment opportun pour appeler la personne qui vient de lui être recommandée. Le fera t-elle le soir chez elle ou en rentrant au bureau ? « Et si je l’appelais, maintenant ? » Se dit-elle à voix haute. « Il doit être en train de déjeuner, sans doute lui aussi, à cette heure-ci ! » Ajoute-t-elle. Elle savoure une dernière bouchée aux saveurs italiennes et machinalement se saisit de son téléphone. « Moi je fais comme je le sens, il n’aura qu’à faire de même ! » Se dit-elle en composant le numéro que Katy lui a donné quelques instants auparavant.
- « Allo ! Monsieur Di Concerto ?
- Lui-même.
- Voilà ! Une amie m’a parlé de vous. Vous êtes coach n’est-ce pas ?
- Effectivement je suis coach. Que puis-je pour vous Madame ?
- C'est-à-dire que je cherche un coach depuis un certain temps, pourriez-vous me recevoir assez rapidement que je vous expose mon cas ?
- Quelles sont vos disponibilités Madame ?
- Dites-moi quand vous pouvez, je m’adapterai.
- Très bien ! Alors disons ce soir à dix-huit heures, un rendez-vous s’est annulé juste avant votre appel. Cela vous convient-il ?
- Heu… Ben vous êtes un rapide vous ! Attendez voir que je réfléchisse si je n’ai rien prévu…
- J’ai cru vous entendre me dire « Rapidement » alors je me suis dis que ce créneau libéré pourrait vous satisfaire ?
- Si… Si très bien, il n’y a pas de souci je prends ! Merci beaucoup. Quelle est votre adresse ?
- Veuillez noter je vous prie… En revanche je vous demande d’être ponctuelle s’il vous plaît.
- Bien sûr Monsieur ! Ne vous inquiétez pas je serai à l’heure.
- Je ne m’inquiète pas, et donc vous respecterez donc cet horaire de rendez-vous ! Je le souligne à tous mes clients et prospects.
- C’est bien noté Monsieur, je serai à l’heure.
- Alors à tout à l’heure Madame.
- Vous ne voulez pas mon nom ?
- Vous me le donnerez plus tard si nous travaillons ensemble !
- Bon ben… à plus tard donc.
- Au revoir.

Pendant que Belame Di Concerto note « Une femme » sur la case dix-huit heures de son agenda, juste au dessus de « Monsieur » qu’il vient de rayer quelques minutes plutôt, Hortense ne sait trop quoi penser de cette conversation. La voix grave de son interlocuteur lui sembla douce, chaleureuse et quelque peu hypnotique, tandis que l’échange, lui, paru sec, froid et déroutant. Elle se demande pourquoi cet homme n’a même pas cherché à connaître son nom. Etait-ce bien le bon moment pour l’appeler, l’avait-elle dérangé en plein déjeuner ? Est-ce une bonne recommandation ? Aurait-elle fait un mauvais numéro et serait-elle tombée sur un imposteur, un plaisantin ? Toutes ces questions se télescopent dans sa tête alors que sa pause touche à sa fin. Elle se redresse lentement, adresse un sourire au petit moineau audacieux venu picorer les miettes de son repas et prend d’un pas nonchalant le chemin du bureau. Le travail qui l’attend l’enlèvera sans doute des griffes de ses impressions confuses. « On verra bien ! » se dit-elle à voix haute.
Est-ce là une façon de lâcher prise face à l’incompréhension, à l’inconfort ? Elle trouve néanmoins dans le comportement de cet homme étrange une certaine rigueur et une fermeté manifeste. Des signes rassurants quand elle songe qu’elle va, éventuellement, lui confier une mission touchant à son projet de vie professionnelle.

Soudain, son regard est attiré par un immense portail en fer forgé. Elle regarde brièvement sa montre et reste figée devant cet ouvrage. Elle s’en approche. Délicatement, elle caresse la sculpture métallique faisant office de poignées. Deux fusils croisés dont les canons semblent donner naissance à de majestueuses roses. Tandis que ses doigts redessinent les nervures et courbures de cet ornement, son esprit lui retrace, une fois de plus, les contours de la conversation qu’elle vient d’avoir avec Belame Di Concerto, coach de son état. Ce pourrait-il que derrière la rectitude affichée par celui-ci, puisse émerger une promesse, telle ces fleurs jaillissant de ces deux objets cracheurs de feu ? Elle l’espère de tout son être car en cet instant elle est confuse. Ce qu’elle ressent et ce qu’elle pense s’entrechoquent si violement que son rendez-vous ne tient qu’à l’insistance de sa petite voix intérieure à lui susurrer de ne surtout pas se fier aux apparences. Elle reprend son chemin à travers les rues de Paris, en évitant d’emprunter celles prises à l’aller. Se rendant ainsi disponible à la découverte. C’est alors qu’un sourire vient se fixer sur ses lèvres. Elle rit d’elle-même. De ce paradoxe qui subitement lui saute aux yeux pendant qu’elle évite une ruelle que tout à l’heure elle a arpenté en se rendant sur les quais. « Je suis idiote ! » Se dit-elle ! « Je passe mon temps à la recherche de nouvelles expériences, j’évite constamment le connu, la routine et là je rumine parce que cet homme a eu avec moi une attitude peu commune ! » Ajoute-t-elle en se donnant une légère tape de la paume de la main sur son front. « Bon ! Va travailler ma grande et laisse les choses suivre leur cours, tu verras bien ce qui va se passer ce soir ! » Conclue-t-elle en accélérant le pas. On la prendrait volontiers, cette fois, pour une parisienne fonçant tête baissée vers on ne sait quelle affaire dont la vie entière semble dépendre. Et on aurait raison !

Lorsqu’elle arrive à l’heure dite devant la façade de l’immeuble, elle s’attarde un instant à la lecture des plaques annonçant les divers professionnels en activité. Elle y trouve celle lui indiquant qu’elle est bien au bon endroit. Quelques instants plus tard, le souffle haletant elle sonne à la porte de Belame Di Concerto.
- « Bonsoir Madame ! Entrez je vous prie. Lance le coach à Hortense, en lui tendant une main chaleureuse et un sourire lumineux.
- Bonsoir Monsieur ! Lui répond t-elle simplement. Votre ascenseur est en panne. Ajoute-t-elle.
- Oui je sais, c’est moi qui ai mis la petite affiche qui vous l’a annoncé. Répond Belame en ajoutant : Et comment avez-vous accueilli cette information ?
Attendant de se faire conduire Hortense arbore une mine interrogatrice.
- Je… A vrai dire, je n’y ai pas pensé, j’ai simplement emprunté l’escalier à la vue de l’affichette… Mais puisque vous me posez la question, je crois que je me suis dis que c’était une bonne occasion de faire un peu d’exercice physique.
Nous avons une vie tellement sédentaire de nos jours ! Répond-t-elle a Belame qui tout en l’écoutant la conduisait, maintenant, dans son bureau à la grande baie vitrée dont le store était à demi baissé.
- Vous voulez dire que vous avez une vie sédentaire ? Rétorque le coach tandis qu’il indique à Hortense un fauteuil près d’une table ronde.
- Heu… Non ! Je parlais de manière générale ! Dit-elle un peu gênée en s’asseyant.

Belame prend place de l’autre côté de la table dans le fauteuil vacant. Les voilà à présent côte à côte séparés par le meuble sphérique. Hortense semble intrigué par à un grand miroir pausé sur une crédence planté dans un recoin du bureau. La voix grave de Belame la ramène à lui.
- Etes-vous bien installée, voulez-vous quelque chose à boire ? Lui demande t-il d’un ton aimable.
- Oui…Heu… Non ! Répond t-elle spontanément.
- Pouvez-vous me dire dans quel ordre dois-je l’entendre. Reprend Belame avec un grand sourire.
- Ecoutez… Désolée ! Je suis un peu stressée. Oui je suis bien installée et non merci je ne veux rien boire. Dit-elle en ajustant son assise.
- Pouvons-nous commencer s’il vous plaît. Ajoute-t-elle d’une voix timide.
« Commencer ! »se dit Belame en silence, « nous avons déjà commencé ! » ajoute-t-il à lui-même.
- Parlez-moi de la situation qui vous amène à me voir ! Demande t-il d’une voix douce.

Hortense pousse un long soupir, plonge ses yeux dans ses souliers et se jette à l’eau :
- Voilà… Je voudrai changer de vie ! Assène t-elle en se surprenant elle-même.
- Excusez-moi Madame, ce que vous me dites là ressemble davantage à un objectif, voir à un but ultime qu’à la description de votre situation actuelle ! Pour le moment je vous demande de bien ranger cela dans votre mémoire, nous y reviendrons plus tard si vous le voulez bien.
- C’est difficile à expliquer ! Répond Hortense.
- Laissez les mots venir à vous, ne vous censurez pas ! Ajoute Belame.
- Eh bien je crois… Enfin, j’ai la sensation de perdre mon temps, de gâcher ma vie à essayer de la gagner tant bien que mal. J’ai le sentiment de ne pas être à ma place. C’est comme un acteur qui se tromperai de rôle ou pire encore il se tromperait de plateau !
- Quand vous me dites cela que voulez vous me dire ? Demande posément Belame.

Un long silence prend place entre eux et occupe la table ronde séparant Hortense et Belame. Elle offre à chacun d’eux un champ de vision libéré du regard de l’autre. Chacun ayant le loisir de regarder l’autre, ou pas. Chacun ayant toute latitude de poser ses yeux où ceux-ci se sentent le mieux. Cette circonférence de bois est pour ces deux êtres à la psyché en action un périmètre de sécurité, un espace vital régulant leur proximité.
- Je veux vous dire que j’aimerais changer de vie ! Répond Hortense les yeux emplis d’espoir.
- J’entends bien Madame, mais ce que j’aimerais comprendre c’est ce qui vous pousse à cela.
- C’est simple Monsieur, ma vie actuelle me pèse ! »
Belame écoute et ne dit mot. Au bout de quelques instants interminables pour Hortense, elle finit par ouvrir la bouche.
- Je fais un travail sans conviction, je mène une vie de raison.

Belame demeure dans son silence,
bien qu’il pèse de toute sa présence dans l’instant. Cette posture semble ne donner d’autre choix à Hortense que de poursuivre.
- Je voudrais trouver le courage de quitter mon travail et, pourquoi pas, vivre de ma passion.
Belame s’assure, en gardant le silence encore un peu, que son interlocutrice a dit ce qu’elle avait à dire et bien lui en prend.
- Et ma passion, celle que je souhaite pratiquer c’est la restauration de meubles anciens.
- « Et quelle est votre position dans cette situation que vous vivez ?
- Ma position ? Demande Hortense, c’est celle de l’acteur qui s’apercevrait avec effroi que les centaines de répliques qu’il a apprises par cœur, que les heures passées à habiter le personnage, que la montagne de documentation avalée sont du temps et de l’énergie engagés en pure perte.
- Et quand vous me dites cela…
- Qu’est ce que je veux vous dire ? » Reprend Hortense en coupant la parole à Belame.
- Eh bien, ce qui est important pour moi c’est d’utiliser mon temps à bon escient. Ce qui m’importe donc maintenant, c’est de respecter mes valeurs d’artiste. J’ai entendu dire que certains pensent que c’est un privilège que d’être un humain. Que la vie et le corps dont nous bénéficions est un présent rare. Alors en supposant que cela soit vrai, je voudrais faire honneur à ceux qui m’ont offert ce corps et la vie qu’il contient. Mais sans doute suis-je trop cosmique là, non ? Ajoute-t-elle.
- Et vous qu’en pensez-vous ? Répond le coach.
- Je pense que c’est ce que je suis et disons que j’adhère volontiers à cette thèse.
- Maintenant que vous m’avez expliqué votre situation, que vous m’avez donné votre position quant à celle-ci, pouvez-vous me dire qu’elle idée vous vous faites du coaching ? Demande Belame.
- D’après ce que l’on m’en a dit et d’après mes lectures, j’ai dans l’idée que le coaching s’apparente à du training, à l’instar de ce que fait un entraineur de football par exemple. J’imagine que le coach indique la direction, donne les instructions en fonction de la demande qu’on lui formule. Ou alors je peux résumer ce que je pense en disant que c’est un mentor, celui qui sait ce qu’il faut faire.
Belame pour la première fois prend quelques notes.
- Je crains que je ne puisse rien faire pour vous Madame, car je ne fais…
Belame souligne les termes qu’il prononce … Pas de training, je ne suis pas un entraineur, je ne donne aucune instruction de même que je ne suis pas mentor.

A cette affirmation, Hortense accuse le coup et se raidit sur son fauteuil et lance à l’endroit de cet homme au comportement aigre-doux.
- Vous me demandez l’idée que j’ai du coaching non de ce que j’en attends ! D’ailleurs pouvez-vous me dire ce qu’est le coaching pour vous. Vous êtes mieux placé que moi me semble-t-il !
Belame touché par le sens de la répartie de cette femme croit déceler une volonté certaine. Mais pour l’heure il ne se préoccupe pas trop de ses impressions. C’est trop tôt.

- Le coaching selon moi, annonce-t-il, c’est l’accompagnement d’une personne dans un contexte précis, identifié. C’est un processus collaboratif entre un coach et un client. Le coach adopte une posture décentrée. Le client, au centre de la relation, détient seul les compétences nécessaires à l’atteinte de ses objectifs. Le coach, lui, est le gardien du cadre et des procédures dans lequel se déroule le programme de coaching. Il est vigilant aux processus mis en action par une demande qu’il aura su clarifier avec son client et la volonté réciproque d’y répondre. Un coaching est une relation reposant sur des engagements. Je vous dirai Madame que le coaching tel que je l’exerce ce n’est ni plus ni moins mon farouche désir de mettre tous mes sens, mon expérience de la vie, mes croyances, ma culture, mes connaissances et tout ce qui fait de moi un être vivant social et sociable au service de mes clients ; c’est d’être capable en même temps de mettre tout cela de côté l’espace d’une séance si cela est plus utile à mon client pour trouver son chemin si tant est que cela ne soit pas en contradiction avec mon éthique professionnelle. Mon métier, Madame, consiste donc à accompagner ceux qui me choisissent vers un mieux-être professionnel dont l’aboutissement possible est le bien-être. Et pour remplir cette mission ô combien exigeante et gratifiante j’utilise une technique de conversation, j’adopte une posture et je me fais observateur de ce qui se passe à l’extérieur comme à l’intérieur de moi. Cette posture est pour mes clients un gage de bienveillance, et la confidentialité, un espace de libre échange. C’est un espace-temps dans lequel mes clients peuvent exprimer, ressentir, réfléchir sans le poids du jugement et de la critique. Je ne détiens pas de baguette magique. Il n’y a de magique que l’émergence. Celle-ci a lieu lorsque nous nous offrons corps et âmes au champ des possibles. Elle se manifeste à l’endroit de nos doutes et comble l’espace de nos certitudes abandonnées… »
Belame s’interrompt brusquement.

- … Pardonnez-moi, Madame, cette longue digression. Deviendrais-je intarissable dès lors qu’il s’agit de parler de mon métier. Je saisi toute les occasions pour tordre le cou à toutes les idées reçues que véhiculent les médias et à leur manie de galvauder le mot même de coaching.
Hortense semble hypnotisée sur son fauteuil. Ses yeux dévisagent Belame. Ce dernier sent ce regard posé sur lui et rappelle Hortense à leur conversation.
- Ce que je viens de vous dire sur le coaching, répond-il à vos attentes ?
- Je ne sais pas si mes attentes sont dignes d’une telle force de conviction ! Répond-elle.
- Et en d’autres termes s’il vous plaît ! Reprend Belame.
- Oui, cela semble correspondre à mes besoins ! lance Hortense.
- Comme je vous l’indiquais il y a quelques instants, un processus de coaching repose sur des engagements. Pouvez-vous me dire si vous avez rencontré des confrères ?
- A l’évidence non ! Lance Hortense avec un sourire en coin. Je veux dire, poursuit-elle, que par rapport à votre approche du coaching, je crois que les deux ou trois personnes que j’ai rencontrées me semblaient moins précis et moins engagés. Enfin cela n’engage que moi bien sûr.
- A ce stade de notre entretien, j’aimerais savoir ce que vous attendez de moi, dans le cas où nous travaillerions ensemble. Demande Belame.
- C’est un peu confus car ma vision de votre métier a évolué depuis que nous conversons. Mais disons que j’attends que vous m’accompagniiez vers mon mieux-être, pour reprendre vos termes.
Belame sourit et regarde discrètement la petite pendule posée sur la table, il se tourne vers Hortense et dit :
- J’entends ce que vous me dites, mais que me diriez-vous sans me citer ?
- Eh bien j’attends de vous que vous respectiez tout ce que vous m’avez dit sur le coaching. Car si vous faites ce que vous dites, il me semble que je pourrais atteindre mon objectif. Affirme Hortense.
- Cela nous amène à ce que je vous ai demandé de ranger dans votre mémoire, tout à l’heure. Quelle direction de travail souhaiteriez-vous que nous prenions ? Autrement dit, quel est l’objectif de votre demande de coaching ? Interroge Belame avec un ton quelque peu complice.

A suivre …


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1 Commentaire(s) :

1. Par Phil (septembre2000@neuf.fr) le 01/06/2010
Je te remercie de ce moment de coaching que j'ai vécu (et resentit les émotions)en le lisant.
Philippe

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