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The 39th of the month - Le 39 du mois

Publié le 30/05/2010 (180 hits)

Jim DILLON 
www.james-dillon-consulting.fr  

The 39th of the month does not exist? How can you be so sure? What if it did? What would you do on such a day? Just what could you do on the 39th of any month? Just where did such a creative idea come from?

Anyone on earth can come up with creative ideas. In fact, we create all the time, each time we breathe. We expand and retract our lungs…

Version française
Le 39 du mois… n’existe pas, dites-vous ?
Comment êtes-vous si sûr ? Et si ce phénomène se produisait, que feriez-vous ce jour là ?

Divergence et convergence
L’intérêt de la créativité est que tout le monde peut être créatif. En réalité, nous créons comme nous respirons. Nos poumons se remplissent et se vident… tout naturellement.

V.O.
Creativity works as easily, and as unavoidably, as that. We have the capacity; we can fill up with creativity, then pour it out. That is one key principle in the marvelous realm of creativity, divergence and convergence, two powerful movements in our existence, inseparable. We have great latitude in the options we see beckoning to us when we diverge, when we remember to breathe; we have a surging, converging energy at our disposal, like waves accumulating on a beach, when we begin to choose and make solutions work for us.

Instigating, yet inhibiting
Oh, we also need an instigating factor: a suggestion that there may be something that doesn’t exist yet, like the 39th of the month at hand.

Yet even this possibility gets called immediately into doubt. There is a powerful inhibition that Shakespeare summed up ever so neatly: “There is nothing new under the sun.” How discouraging! Just think: Shakespeare was admitting that he had lifted bloody piece by piece his play, Hamlet. So far as historical facts were concerned, so far as there being a tragedy by the same name performed in the Elizabethan theater, rather bloody and all about seeking ruthless vengeance scene after scene. Then Shakespeare added the bit about being or not being, about doubt and searching for identity and courage in a world full of uncertainty and ghosts. Suddenly, that was not straight out of the script that he was plagiarizing. That was something that resonates with us even today; how often do we ask ourselves whether we will be who we are… or not? Strong stuff, Mister Shakespeare. Paradoxical, too. Hamlet doubts and we are moved.

So… we have both an instigating and an inhibiting factor. The 39th of the month, any month, versus nothing new under a cynical sun.

Constraints
It happens, though, that in order to create something… the world, if we play God, or just a solution to a problem that’s dogging us at work, we need a constraint.

We enjoy seeing how people work miracles once they have a constraint. We split our sides watching Charlie Chaplin create humor as a Keystone Kop patrolling a narrow alleyway in one of his earliest silent films before he turned into a Tramp. Every time he turns his back and twirls his bully club, crooks and robbers pop out of cracks and doorways. If he turns around, they vanish. Chaplin scratches his head. We laugh at this simple gag that works in such a small space, that wouldn’t have the same effect if the alley were wider.

We watch inventiveness with rugby players who get tackled and swarmed over in a scrum, yet find ways to pass the ball through a pile-up of feet and bodies, hopefully some of which remain connected. The ball somehow gets put back into play in each and every way possible.

We are amazed that a concert pianist amazes us with a dazzling rendition of Mozart that we’ve already heard hundreds of times before. What we remember is the beauty of creating something that belies the constraint, driving us almost to the 39th of any month.

On having control
Yet we do not really go so far, nor want to get so far. We want to catch our breath and come back to something we may just have control over.

A few years ago, I was invited to attend an expensive seminar for Six Sigma Black Belts, Six Sigma being a methodology that pursues total mastery of industrial and organization processes. The most interesting part of the seminar was also what was most frustrating.

We split up into separate groups and listed on paperboards how we wanted our respective companies to be in… 10 years. After each group had generated its list, all of us waited for the ideas to be entered into a database. We waited… we waited… The ideas were getting “processed”.

When they were, we were each given “creative” black boxes with buttons we were supposed to press according to an idea we preferred. Two ideas were presented each time. This is how computers work, in binary code, either-or, 0 or 1, good or bad, right or wrong. Creativity is triangulation. Out there somewhere beyond Point A and B, there is something called Point C. Wasn’t there a more creative way to reach it?

Wrong. The group pressed buttons on their black boxes. In the end, after 45 minutes of Yes – No, we produced three answers that were poorly predictable.

This is the stuff expensive corporate seminars are made of, and all too often nobody is amazed at what gets produced.


Version française (suite)
Nous avons l’habileté et la capacité de créer. Quand nous inspirons, nous stimulons notre potentiel créatif. Dès que nous expirons, nous testons nos limites mais nous dégageons une force, une énergie.
Nous tenons là un principe clé de la créativité, la divergence et la convergence, deux mouvements opposés, deux forces fondamentales de notre existence.
Mais nous avons besoin d’un facteur qui allume la mèche de notre imaginaire. Prenons par exemple quelque chose qui n’existe pas encore comme le 39 du mois et imaginons une activité insolite.
Evidemment, d’autres facteurs comme l’inhibition peuvent stopper notre élan. Dans le monde professionnel, particulièrement, nous ne nous autorisons pas à prendre une bouffée d’oxygène divergente. Nous évitons d’emprunter un détour créatif parce que nous nous disons qu’il faut être sérieux tout de même.
Après tout, comme résumait Shakespeare, « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. » Nous sommes condamnés à réinventer ce qui existe déjà quelque part.

Hamlet de Shakespeare
Examinons cela de plus près, chez Shakespeare lui-même. Avant lui il existait déjà une pièce "Hamlet" basée sur des faits historiques qui baignait dans des déluges de sang. Le Prince Danois était totalement habité par la soif de vengeance. Shakespeare s’est inspiré de ce scénario et des parties « ensanglantées » puis il a eu le génie d’interpeller le destin : « Etre ou ne pas être ? » avec l’apparition macabre des fantômes et de la folie. Subitement nous errons dans un monde d’incertitude, d’identité vacillante, dans un brouillard angoissant.
Le plagiat pur et simple a cédé la place à un dilemme qui résonne en nous et depuis des siècles nous sommes émus par cette interrogation.

Shakespeare avec Hamlet a démontré qu’il était possible de transformer le banal, le "déjà-vu". Pourquoi ne pas le tenter nous aussi, le 39 du mois, une chose impossible peut exister comme les trains d’Harry Potter pour aller à Hogwarts School of Witchcraft and Wizardry (L’Ecole des Sorciers et des Musiciens).

Le bénéfice de la contrainte
Cette aptitude à inventer, cette capacité créatrice « divine » qui permet de trouver une solution pour un problème de notre vie ou du monde du travail a besoin d’une vraie contrainte. Nous le voyons chaque fois que des personnes font des miracles dans des situations extrêmes, désespérées. Ils sont face à une contrainte riche en possibilités.

Nous nous plions de rire en regardant Charlie Chaplin au début de sa carrière, en policier en train de faire sa tournée dans l’allée la plus étroite de New York au début du siècle dernier, dans un film muet. Chaque fois qu’il tourne le dos, les criminels agissent et sortent des trous et des fissures les plus invraisemblables. Chaplin se retourne et comme par magie, tous disparaissent. Ce qui contribue à rendre la scène hilarante est la contrainte de peupler un espace aussi étroit avec tant de gags, en commençant par l’anomalie de découvrir Chaplin en policier.
Nous regardons la mêlée dans un match de rugby. Comment les joueurs arriveront-ils à dégager le ballon avec autant de pieds et de jambes emmêlés, en espérant que leurs membres soient encore connectés à leur corps ? Etonnant ? Pourtant les joueurs arrivent toujours à libérer le ballon et le jeu continue.

La créativité vue par Six Sigma
Vouloir tout maîtriser tue l’élan créatif. Pourtant nous préférons souvent reprendre notre souffle et revenir à quelque chose que nous pouvons capter, dompter et maîtriser.
Il y a quelques années, j’ai été invité à assister à un prestigieux séminaire sur la créativité à Londres. Le public était composé de "ceintures noires" qui pratiquaient le Six Sigma, une méthodologie ambitieuse qui vise la maîtrise totale des processus industriels et organisationnels. La séquence la plus intéressante de la journée a aussi été la plus frustrante.
L’assistance a été divisée en quatre groupes avec la consigne de lister sur des paperboards comment nous envisageons nos entreprises respectives dans… 10 ans. Une fois que chaque groupe a généré sa liste, nos listes ont été saisies dans une base de données. Le temps passait et nous dûmes tous attendre dont les prestigieuses Ceintures Noires…
Une fois les données traitées, nous avons reçu chacun une petite boîte noire « créative » avec des boutons sur lesquels nous devions appuyer pour indiquer nos préférences entres deux idées présentées. Le logiciel ne pouvait pas fonctionner autrement qu’en code binaire, soit… 1 ou 2, bon ou mauvais, bien ou mal… Or la créativité se joue avec la triangulation. En dehors du point A et du point B, il est important qu’il existe un point C.

N’y avait-il pas quelque chose de plus intéressant à faire avec un tel groupe ? Non, il n’y avait pas d’autre salut que d’appuyer sur nos boutons. Après 45 minutes de Oui / Non, nous avons sélectionné trois réponses pauvres et prévisibles. C’était un ratage « glorieux » dans l’histoire des séminaires qui ne dérangeait personne et ne ferait pas de vague.


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